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Des cinéastes à redécouvrir

Aujourdhui, plusieurs invité·e·s viennent évoquer des cinéastes méconnus, oubliés ou mésestimés qui leur tiennent particulièrement à cœur. Loccasion de découvrir des œuvres sortant des sentiers battus et d’élargir la liste des réalisateurs souvent cités dans les cercles cinéphiles contemporains, tout en promettant de belles découvertes qui ne demandent qu’à être partagées auprès du plus grand nombre.

Maya Deren

Maya Deren est une pierre angulaire du cinéma. Il suffit de voir son influence sur le cinéma de Lynch, par exemple. D’abord inspirée par Cocteau et la lecture psychanalytique chère au surréalisme, elle va très rapidement se dégager de ces carcans pour creuser non plus uniquement dans le sillon du rêve, mais pour plonger dans la pensée elle-même. Elle déplie et déploie dans son cinéma les notions d’espace-temps pour les transformer en un flux de conscience, cherchant une inscription de la psyché sur pellicule. Maya Deren bouscule les principes du cinéma, envisageant la forme filmique comme un rituel magique en soi. Un cinéma de transe. 

Deux cours métrages à voir : Meshes of the Afternoon et At Land.

Vincent Capes 

Tony Scott

Souvent vu à tort comme un simple faiseur de blockbusters, Tony Scott n’a jamais occupé la place qu’il mérite à Hollywood. Dans l’ombre de son frère Ridley, l’homme à la casquette rouge a pourtant livré nombre de films d’action spectaculaires, de thrillers paranoïaques, et même, de mélodrames. Une filmographie traversée de questions sociales et politiques, stoppée net par son tragique décès en 2012, que j’adore regarder dans l’ordre chronologique, pour constater l’évolution de son style expérimental et sensoriel et de sa mise en scène immersive, dont la débauche de moyens techniques n’écrase jamais les enjeux des personnages. 

Un film à voir : Déjà Vu

Marie Casabonne 

Aleksandr Ptushko

Bien qu’il soit auréolé de comparaisons flatteuses avec Walt Disney, Georges Méliès, Ray Harryhausen ou Mario Bava, Aleksandr Ptushko demeure un cinéaste assez peu commenté et mis en avant en dehors de son pays d’origine. Véritable génie visuel, Ptushko révolutionna, dès la fin des années 1920, le cinéma d’animation en volume ainsi que l’utilisation des effets spéciaux en URSS. Les amateurs de fantasy retiendront en particulier sa série de long-métrages réalisés entre 1946 et 1972. Plastiquement somptueux et débordant d’idées, ces récits fantastiques incarnent, plus que nul autre métrage, la notion de « merveilleux » à l’écran.
Un film à voir : Sampo, le jour où la terre gela

Cependant, il faut éviter le montage américain honteusement raccourci, doublé et édulcoré.

Aurélien Gouriou-Vales

Artus de Penguern

Ce qui m’a séduite dans le cinéma d’Artus de Penguern, c’est sa capacité à transformer ses angoisses et névroses, en fables hilarantes et universelles. Autant dans ses 2 longs-métrages, Grégoire Moulin contre Lhumanité, La Clinique de Lamour, que ses courts-métrages Le Homard, Et si… le présentateur du 20h avait des pattes de porc, voisin de l’humour absurde des Nuls. Et la filiation n’est pas anodine, car on peut le temps d’une réplique, voir passer la bobine d’Artus dans le film La Cité de la Peur d’Alain Berberian, le film des Nuls. Il était un poète absurde à l’univers cartoonesque, un vrai amoureux des autres.

Un film à voir : Grégoire Moulin contre Lhumanité 

Romana Dodici

Yves Ciampi

Le cinéma d’Yves Ciampi a été nourri par sa formation de médecin et son service militaire pendant la Seconde guerre Mondiale, mais aussi et surtout par sa rencontre avec le Japon. Son film Typhon sur Nagasaki, en 1957, est la première co-production franco-japonaise ; en tombant amoureux du pays, ainsi que de la légendaire actrice Keiko Kishi, Ciampi va transmettre cette passion à la France, qui est encore aujourd’hui un des pays européens les plus férus de culture nippone. Même s’elle a souvent été boudée par la critique, et qu’elle est aujourd’hui assez peu connue, sa carrière mérite un coup d’œil.

Un film à voir : Typhon sur Nagasaki

Jeanne Malaga

Kirk Wong

Il n’est pas le plus reconnu des réalisateurs apparus lors de la nouvelle vague HK. Sa malédiction fut probablement d’être sur une ligne proche de celle en fusion de Ringo Lam. En effet, abstraction faite de l’étrange Health Warning, Kirk Wong a bâti sa carrière dans le polar pur et dur, souvent avec des films très noirs et très durs. Il est également celui qui aura permis à Jackie Chan de sortir de sa zone de confort avec l’impressionnant Crime Story, qui reste aujourd’hui un de ses plus grands rôles. Son envol raté pour les USA aura précipité sa retraite, dont il semblait vouloir sortir il y a une quinzaine d’années. Un projet avorté…

Un film à voir : Rock N’Roll Cop

Nicolas Gilli

Vous pouvez retrouver Vincent Capes sur Facebook, Marie Casabonne sur Facebook, Twitter, Bluesky et Instagram, Aurélien Gouriou-Vales sur Facebook, Twitter, Bluesky et Instagram, Romana Dodici sur Twitter, Bluesky et Instagram, Jeanne Malaga sur Facebook, Twitter et Instagram et Nicolas Gilli sur Facebook, Twitter, Bluesky et Instagram.

Propos recueillis par Yoan Orszulik

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