Aujourd’hui rencontre avec Mélanie Toubeau, journaliste, créatrice de contenu, et de la chaine youtube La Manie du cinéma pour la sortie de son nouveau livre : Une Histoire de cinémas, aux éditions Webedia Books. L’occasion de revenir sur un ouvrage personnel qui revient de manière subjective et éclectique sur plus de 130 ans d’histoire du 7ème art.
Dans l’avant-propos vous racontez qu’entre l’idée survenue lors d’une visite au Salon indien du Grand Café, lieu de la 1ère projection du cinématographe, et la publication d’Une histoire de cinémas il s’est passé plusieurs années. Comment s’est déroulée cette période de gestation ?
Disons qu’entre ces deux moments, j’ai été très occupée ! J’avais déjà sorti mon premier livre “T’as la Ref ?” quelques mois avant le tournage de la vidéo, et je ne me sentais pas de me remettre à l’écriture tout de suite. Finalement, une éditrice est venue me voir en me demandant si j’avais des idées d’écriture, et j’ai enfin pu lui proposer mon histoire de cinéma !
Peut-on dire que le choix de convoquer sans hiérarchie des artistes, des artisan.e.s de l’ombre, des technologies, des mouvements et des événements cinématographiques rejoint la démarche de votre chaine Youtube ?
Pour moi, le cinéma, pardon, les cinémas, sont multiples et tous importants à leur manière. Sur ma chaîne YouTube ou mes réseaux Instagram et TikTok, j’ai toujours aimé parler du cinéma de la manière la plus large possible, car tout m’intéresse. Et c’est en effet ce que j’ai voulu faire avec le livre : dépeindre une histoire de la grande Histoire du cinéma, avec des personnalités, mouvements et inventions qui, pour moi, l’ont impacté à tout jamais.
Comment l’illustrateur Simon Delart en est venu à travailler à votre ouvrage ?
Lorsque j’ai voulu faire ce livre, c’était une condition sinequanone qu’il soit illustré. Et étant une grande fan du travail de Simon Delart depuis des années, avec ses univers colorés, réalistes et pop-culture, je l’ai en quelques sortes “imposé” à l’éditrice.
Chaque chapitre se termine par la section « Aujourd’hui », qui permet de mesurer l’héritage de ce que vous abordez. Peut t’on dire que ce pont, entre passé et présent, permet de donner des clés de compréhension aux jeunes générations ?
C’est exactement ça ! Tout acte passé a des répercussions sur le futur, notre cinéma d’aujourd’hui. Et c’est à travers cette idée que j’ai construit mes chapitres, pour montrer comment ces figures ont impacté durablement le cinéma mondial d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Le travail d’exactitude historique sur les sujets abordés à du être un vrai casse tête. Je pense notamment à la fameuse citation d’Antoine Lumière faites à Georges Méliès sur le fait que le cinéma serait une invention sans avenir que vous expliquez qu’elle est à prendre au conditionnel.
De manière générale, les paroles rapportées de l’histoire sont à prendre au conditionnel. Je ne suis pas historienne et je le rappelle bien. Mon travail est de faire de la vulgarisation, soit rendre accessible un sujet. Mais il faut faire attention à ne pas être trop dans l’affirmation lorsqu’on parle de l’Histoire avec un grand H. Pour autant, quasi l’intégralité de mes chapitres ont été relus par des experts des sujets en question, après de nombreuses recherches dans des lieux comme La Cinémathèque française par exemple.
Peut t’on dire qu’Une histoire de cinémas participe à cette tendance de la nouvelle cinéphilie consistant à faire redécouvrir des artisan.e.s oublié.e.s qui ont autant leurs importances dans l’histoire du 7ème art que des noms déjà bien établis ?
Je ne pense pas avoir fait des miracles avec ce livre en redonnant leur importance à des personnes oubliées, mais j’espère surtout pouvoir remettre un coup de projecteur sur leur carrière et leur apport au cinéma mondial. J’ai grandi avec des livres de cinéma qui n’étaient pas très variés : toujours les mêmes personnes citées, rarement des découvertes et de la diversité. J’ai tenté, à mon échelle et avec un nombre de pages imposé, de faire un état des lieux global de l’histoire du cinéma. Et ils sont à l’image de ma cinéphilie : variée, engagée et curieuse.
Quel bilan tirez vous de la rédaction d’Une histoire de cinémas ?
C’était un travail ardu, fait en seulement 4 mois et demi, mais résumant 10 ans de recherche globale. Mais j’ai tellement aimé pouvoir mettre par écrit toutes ces histoires, et j’espère qu’elles passionneront mes lecteurs autant qu’elles m’ont passionné à l’écriture.
Quels sont vos futurs projets ?
Pour l’instant, je ne peux parler de rien car rien n’est sûr. Mais j’espère continuer de partager mon amour du cinéma à travers plein de médiums différents à l’avenir.
Propos recueillis par Yoan Orszulik.
Une histoire de cinémas est disponible sur le site/boutique La Manie du Cinéma, Amazon, Fnac.com, ainsi qu’en libraires. Vous pouvez retrouver Mélanie Toubeau sur Facebook, X, BlueSky, Instagram ainsi que sur sa chaine Youtube La Manie du Cinéma.
