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Wolverine: le combat de l’immortel – Critique

Après un premier film lui étant consacré et que tout le monde préfèrera oublier, Wolverine revient dans Wolverine: Le Combat de l’immortel, attendu comme une sorte de reboot de la saga mutante par un des artisans les plus solides d’Hollywood. Il va falloir revoir les espoirs à la baisse car James Mangold livre là un de ses films les plus insipides tandis que ce nouveau Wolverine vient s’ajouter à l’interminable liste de produits calibrés et sans âme que nous sert Hollywood dans ses adaptations de comic books depuis trop longtemps. Une déception à la hauteur de l’attente, tant le mutant le plus charismatique méritait un film d’un tout autre calibre.

Avec son CV éclectique ponctué de véritables tours de force (Copland et Walk the Line), James Mangold ressemble au réalisateur malléable idéal pour les studios. Sans véritable signature forte, avec un bagage technique solide, il est un de ces nobles artisans. Mais parfois, il fait n’importe quoi. C’était le cas sur l’idiot Night and Day et cela se reproduit sur Wolverine: Le combat de l’immortel. Logiquement castré par la Fox, il n’a d’autre choix que de s’appliquer à mettre en images du mieux qu’il peut un scénario médiocre signé Mark Bomback et Scott Frank, d’après un premier script de Christopher McQuarrie, évidemment non crédité comme ce fut le cas sur X-Men. Sur le papier, Wolverine: Le combat de l’immortel était passionnant car il reprend l’arc japonais de l’histoire du personnage, imaginé au début des années 80 par Chris Claremont et Frank Miller, soit le premier voyage vers les origines du personnage. Le script original, lorsque le film devait être réalisé par Darren Aronofsky, était extrêmement proche de ce récit, avant de s’en éloigner pour n’en garder que le décor et quelques scènes-clés, et en faire un produit banal et sans saveur.

Le problème de Wolverine: Le combat de l’immortel est que, par souci de continuité avec le reste de la saga X-Men, la narration s’articule autour du sempiternel trauma Jean Grey qui apparait à de nombreuses reprises dans des séquences oniriques et intimes sans grand intérêt. Donc Mariko n’est ici qu’un personnage accessoire dont le spectateur n’a pas grand chose à faire, sachant que Wolverine doit avant tout faire le deuil de celle qu’il aimait avant. Dès lors, les enjeux du film se situent à un degré extrêmement basique, à priori compatible avec une série B badass autour du mutant le plus énervé. Sauf qu’avec son beau PG-13, il n’en résulte qu’un film « familial » au rythme branlant qui non seulement n’apporte rien au personnage, mais n’apporte rien tout court à qui que ce soit. Entre pièges bien trop gros pour surprendre jusqu’au plus inattentif des spectateurs et retournements de situation franchement grotesques, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent en terme de récit. Et si l’ensemble se situe bel et bien dans un Japon fantasmé très typé comic-book, James Mangold n’exploite jamais cet univers comme il le pourrait ou devrait. Certes il y a plein de japonais, qui de temps en temps parlent anglais entre eux sans aucune raison valable, il y a des ninjas dans ce qui restera comme la plus belle scène de tout le film, dans un village japonais sous la neige, au look certes artificiel mais avec un certain impact visuel, il y a de l’action délivrée avec parcimonie, mais l’ensemble est bien trop appliqué et propret pour créer la moindre émotion, voire le moindre enthousiasme. Wolverine: Le combat de l’immortel est un film trop mou, trop linéaire, trop fainéant et sans la moindre prise de risque. L’exemple parfait d’un produit de studio sans aucune considération d’ordre artistique, existant simplement pour amasser quelques dollars sur le dos d’une franchise tuée dans l’œuf. Une sorte de travail de charognard en somme. C’est d’autant plus regrettable que le personnage de Wolverine possède quelque chose d’éminemment cinématographique, de par sa bestialité, sauf qu’en réduisant son côté animal à sa simple compassion face à un ours blessé, le film passe très largement à côté de son sujet.

Wolverine: Le combat de l’immortel, à trop vouloir dépeindre un Logan torturé et en se trompant d’enjeux dramatiques, passe même à côté de tout ce qui fait le charme du personnage, auquel un Hugh Jackman en pilote automatique n’apporte aucune nuance. Il faut dire qu’il est peu aidé par un tissu d’incohérences graphiques, de l’absence de douleur alors que sa condition est clairement affaiblie, au manque flagrant d’hémoglobine alors que tout ce beau monde s’affronte tout de même à l’arme blanche la majorité du temps. Le film possède cette étrange capacité à faire avorter la moindre bonne idée, des relents shakespeariens anéantis en une poignée de scènes aux visions cyberpunks du final qui font plus tâche qu’autre chose. Mais le plus agaçant dans tout ça reste cette tendance à tout vouloir souligner encore et encore, comme si le spectateur était trop bête pour avoir saisi la première fois. Concrètement, une scène est à l’écran, rappelée par le dialogue qui suit puis à nouveau quelques minutes plus tard. A ce niveau ce n’est plus du didactisme mais du foutage de gueule pour essayer de masquer un tragique manque d’assurance ou de considération. En résulte un film insipide au possible, qui cite volontiers les vignettes dessinées par Frank Miller sans en saisir l’énergie et en travestissant leur sens. De la même façon, les séquences d’action, à peu près réussies au niveau de la chorégraphie et du rythme, ne prennent jamais en compte la présence imposée de la 3D pour adapter le découpage, ce qui rend la plupart de ces scènes difficilement lisibles. Qu’il s’agisse du samouraï d’argent nouvelle génération, sorte de mélange entre Robocop et une armure d’Iron Man, de Shingen ou de la vipère, l’ensemble des méchants du film font bien pâle figure tant ils manquent de charisme. Difficile d’en retenir quoi que ce soit, si ce n’est la mise en scène plutôt propre mais sans saveur d’un James Mangold sous contrainte, une poignée de scènes efficaces et un univers bien illustré même si jamais exploité (il faut faire un gros effort pour retrouver les influences annoncées par le réalisateur, de Yasujirō Ozu à Clint Eastwood en passant par Wong Kar Wai et William Friedkin…), mais l’absence dommageable d’enjeux et d’émotion, ou tout simplement de toute identité véritable, condamne immédiatement le film à l’oubli. Et ce n’est pas la traditionnelle et inutile séquence post-générique qui élèvera le niveau ou apportera le moindre souffle héroïque à ce film qui le méritait tant.

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En résumé

Après un premier film lui étant consacré et que tout le monde préfèrera oublier, Wolverine revient dans Wolverine: Le Combat de l’immortel, attendu comme une sorte de reboot de la saga mutante par un des artisans les plus solides d’Hollywood. Il va falloir revoir les espoirs à la baisse car James Mangold livre là un de ses films les plus insipides tandis que ce nouveau Wolverine vient s'ajouter à l’interminable liste de produits calibrés et sans âme que nous sert Hollywood dans ses adaptations de comic books depuis trop longtemps. Une déception à la hauteur de l’attente, tant le mutant le plus charismatique méritait un film d'un tout autre calibre. Avec son CV éclectique ponctué de vérita
1.5
5
Oubliable

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