Réalisateur discret de films coups de poing et de séries à succès, Miguel Ángel Vivas revient cette année avec La tregua, drame historique qui pourrait bien créer l’évènement aux prochains Goya espagnols.
Depuis près d’une quinzaine d’années, Miguel Ángel Vivas se fait une belle place dans l’industrie cinématographique espagnole, mais également à la TV. Le réalisateur n’a rien d’un génie mais il possède un vrai talent de metteur en scène ultra efficace à défaut d’être très fin. C’était clairement ce qui posait problème avec son dernier film, Asedio, à la fois impressionnant dans sa fabrication, et pourtant faiblard dans son propos. Surtout comparé à des morceaux autrement plus intelligents comme l’étaient ACAB ou la série Antidisturbios. Mais cette année, il est possible qu’il fasse un bon en avant avec La tregua. Un film dont le sujet puissant mérite autant de finesse que de talent pour le spectaculaire. Le film met en scène un duo formé par Miguel Herrán et Arón Piper, deux hommes que tout oppose, dans l’enfer d’un goulag soviétique. La tregua, qui n’a rien à voir avec le long métrage éponyme de Francesco Rosi, a été écrit par Miguel Ángel Vivas, Fran Carballal et Ignasi Rubio d’après des faits réels, et bénéficie de la photographie de Rafa García.
La tregua sortira en Espagne le 10 octobre 2025, et la présence de Netflix parmi les producteurs laisse penser qu’on le verra sur la plateforme par chez nous.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la glaciale steppe kazakhe abritait Spassk-99, un camp de travail de l’ère soviétique où l’URSS jetait les « ennemis du peuple ». Parmi eux se trouvaient des Espagnols issus de camps opposés : des soldats républicains formés par l’URSS, emprisonnés pour avoir voulu quitter la Russie à la fin de la guerre d’Espagne, et des volontaires de la Division bleue, capturés après avoir combattu aux côtés des nazis à Leningrad. Des ennemis naturels qui durent mettre leurs différences idéologiques de côté et unir leurs forces.

