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I Am the Pretty Thing That Lives in the House – Critique

Après avoir enchainé quelques petits rôles au cinéma, Oz Perkins réalise son premier film en 2015. February était aussi un film d’horreur qui s ‘intéressait à une jeune fille obligée de faire face à des forces maléfiques. Le cinéaste reste dans le thème avec I am the Pretty Thing That Lives in the House, où le récit s’intéresse à une femme qui tentera de comprendre les fantômes qui cohabitent dans la maison qui l’abrite.

I am the Pretty Thing That Lives in the House est la première production horrifique signée par Netflix. Le réalisateur Oz Perkins fait une nouvelle fois appel à Lucy Boynton déjà présente dans son premier long-métrage. Il dirige également Bob Balaban vu récemment dans les séries Girls et Show Me a Hero. C’est Ruth Wilson qui campe le premier rôle (Lily), elle jouait dans Lone Ranger et le show TV Luther.

I am the Pretty Thing That Lives in the House est un film de maison hantée avec une auteure de roman au centre du récit. Classique pour le genre, le scénariste qui est aussi le réalisateur nous renvoie à des œuvres bien ancrées dans nos mémoires telles Misery ou Shining. Le ton du film est donné dès les premières secondes. Les premières minutes défilent lentement sur fond noir avec une voix off. Une silhouette floue se dessine lentement, I am the Pretty Thing That Lives in the House prend son temps pour narrer son propos. Le genre de film qui plaira aux amateurs de films contemplatifs et qui ne se précipitent pas pour résoudre une énigme. Oz Perkins vise un public mature, pas forcément accroc aux productions Blumhouse. La production s’affranchit des films d’horreur à la mode et trace doucement mais surement son chemin. Cette heure et demi se déroule entièrement entre quatre murs. Les décors ne sont pas non plus travaillés pour en mettre plein la vue aux fans du genre. Le style est dépouillé, froid mais sans être trop austère. On est à la limite de la maison témoin, un peu comme si personne ne vivait dans les lieux. Le temps n’existe pas d’ailleurs, les meubles et l’électroménager semblent venir d’une autre époque.

C’est à travers le personnage de Lily que le spectateur vivra l’histoire. Une infirmière d’hospice qui vient soigner une vieille dame dont la mort se fait attendre. Cette dernière est une romancière à succès, la démence a atteint son cerveau depuis quelques années, son visage est marqué par le temps mais il est facile de deviner que la beauté l’habitait lorsqu’elle était plus jeune. L’auteur s’affranchit des codes du genre avec une femme âgée loin des clichés habituellement présents dans les films d’horreur. L’actrice est loin d’être effrayante, d’ailleurs elle soigne toujours son apparence malgré les circonstances. Les femmes sont au centre d’I am the Pretty Thing That Lives in the House. Le mot « joli » est dans le titre et ce n’est pas anodin. Si quelques questions sont résolues d’autres resteront en suspens. L’héroïne Lily a connu une déception sentimentale, le fantôme qui hante la maison a eu des déboires avec un homme. Rien ne dit ce que relie ces deux femmes à l’auteure qui possède la maison.

Les visions de l’héroïne se multiplient, il est facile d’évoquer un traumatisme. Et si rien de tout cela n’était réel ? Le cerveau peut jouer des tours et matérialiser la douleur. Le spectateur se posera la question pendant au moins une heure. Le temps peut paraitre long devant I am the Pretty Thing That Lives in the House mais ce mode de narration a son charme. L’ambiance est planante et très paisible. Aucun son ne fera sursauter le spectateur, la musique s’invite à peine au sein du long-métrage. Les scènes sont souvent coupées par des fonds noirs, avec cette voix off qui revient également. Les plans sont fixes et le montage est à l’image du film : loin d’être nerveux. Oz Perkins joue avec la lumière, les images sont souvent sombres et chaque pièce laisse paraitre une sorte de trou obscur. Un passage noir ou une fenêtre que l’on surveille au cas où le fantôme débarquerait.

I am the Pretty Thing That Lives in the House parle du temps qui passe, des années qui changent les choses et les gens. Ce n’est pas un hasard si les objets de cette maison sont anciens, aucun d’entre eux n’a été remplacé. La beauté est éphémère et Oz Perkins imagine que le bonheur ne dure donc pas, qu’une femme peut être vite remplacée comme une vulgaire machine à laver si elle est dépassée. Le long-métrage est plus un thriller psychologique, aucune image ne hantera le spectateur. En revanche, le public restera dans l’interrogation la plus complète quant à certaines questions. A ne pas mettre entre toutes les mains.

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