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Fast & Furious 8 – Critique

Après un septième épisode sous forme d’hommage à Paul Walker doublé d’un clone de Mission : impossible infusé des éléments propres à la saga Fast & Furious, F. Gary Gray se retrouve aux commandes de Fast & Furious 8 et signe un des épisodes les plus faibles de cette franchise en roue libre. Idiot comme cela ne devrait pas être permis, ce huitième épisode, clairement de trop, ne vaut que pour la présence de Dwayne Johnson et Jason Statham qui volent la vedette à tout le monde à chacune de leurs apparitions.

S’il a pu réaliser des clips plutôt cools pour Cypress Hill par exemple, F. Gary Gray n’a jamais vraiment impressionné au cinéma. Mais ayant déjà travaillé avec Vin Diesel sur Un Homme à part et ayant déjà mis en scène un « film d’action avec des bagnoles » avec son remake de Braquage à l’italienne (avec Charlize Theron au casting, pas vraiment son rôle le plus mémorable), le voilà aux commandes de Fast & Furious 8. Un rôle de pantin pour le réalisateur qui n’est là que pour répondre aux ordres de l’acteur star et du scénariste Chris Morgan, auteur sur la saga depuis Tokyo Drift. Et à la vision de cet opus tellement débile qu’on peut se demander s’il y a un producteur qui a fait son travail, il est clair que la « marque » Fast & Furious n’est plus là que pour amasser un maximum de dollars sans se soucier de quiconque, y compris les fans hardcore qui risquent d’être déconcertés par les différents abus. Après Mission : impossible pour Fast & Furious 7, le modèle de Fast & Furious 8 se situe plutôt du côté de la saga James Bond. Mais pas les épisodes les plus glorieux, plutôt la période Pierce Brosnan post-Goldeneye. A savoir des cascades tantôt impressionnantes, tantôt dégueulasses de par l’invasion du numérique, une intrigue idiote et faussement complexe et un héros qui joue les kékés. Pourtant, F. Gary Gray ne dévoile pas immédiatement le véritable pédigrée de son film. En effet, dans son introduction il fait clairement dans la séduction du fan de la saga. Une séquence à La Havane qui ressemble à un clip de reggaeton, avec vieilles caisses américaines surgonflées et filles en string dont F. Gary Gray filme le cul en gros plan et avec toute la complaisance beauf qui va bien. Tout le monde montre les muscles et fait transpirer la testostérone (autant que la connerie et l’inconscience), en particulier un Vin Diesel qui développe encore son personnage de gourou des amateurs de tuning et de courses sauvages. Avec bien sur cette belle philosophie de comptoir qu’il considère sans doute comme cool : « j’ai gagné sa bagnole, mais j’ai surtout gagné son respect » ou quelque chose du genre. Ça pourrait donc continuer ainsi dans la débauche beauf et bas du front symptomatique de la franchise, hormis un cinquième épisode qui ressemble de plus en plus à une miraculeuse anomalie. Mais le personnage de Charlize Theron apparait.

Fast & Furious 8

Et Fast & Furious 8 va emprunter un chemin qui le mène droit dans le mur. Si l’idée d’intégrer une bad girl comme antagoniste principal, une première, est plutôt réjouissante, son traitement est catastrophique. Censée être une sorte de génie du piratage informatique, ses réactions deviennent idiotes dès que son plan ne se déroule plus comme prévu. Le plan en question, au départ, est plutôt bien vu en retournant Dominic Toretto contre les siens, mettant ainsi à mal son éternel crédo naïf et bébête sur la famille. C’est d’ailleurs la plus belle idée du film. Sauf que là encore, le traitement est à la ramasse, ne serait-ce qu’en voyant se chef de clan si charismatique et grand communiquant éviter soigneusement toute forme de communication avec son équipe. Ainsi, le dilemme moral qui se présente à lui, intéressant sur le papier, se retrouve très mal exploité et ne présente finalement aucun intérêt. Concrètement, il ne fait jamais aucun doute sur l’issue de l’intrigue. Aucune véritable tension, et c’est le fruit d’une saga qui s’est effondrée de par son caractère absurde et illogique. On a déjà eu des personnages qui ressuscitaient, on a ici des personnages qui virent de bord en un clin d’œil. Des gros méchants très très méchants qui se révèlent en réalité être des gentils avec de très belles valeurs. C’est comme ça dans le monde des Bisounours, comme dans celui de Fast & Furious 8. L’absurde, il passe bien évidemment par de nouvelles scènes d’action qui font plus que défier les lois de la physique. Si la première très grosse scène d’action dans la prison est franchement réjouissante, la suite verse tellement dans le grand n’importe quoi qu’on peut se demander si on n’est pas devant un film à tendance fantastique.

Fast & Furious 8

Voulu comme un grand moment, une attaque de limousine à base de poursuite avec une masse de véhicules télécommandés avançant tels une horde de zombies (ceux tout pourris de World War Z) s’impose comme un grand moment de ridicule plus que de grand spectacle. Mention spéciale aux bagnoles qui volent depuis un parking aérien. Et il y a ce grand final teasé depuis des mois, sur la banquise. C’est surréaliste, évidemment, mais c’est surtout très laid, illisible et incompréhensible. Une horreur sans le moindre enjeu dramatique. Alors oui, voir un sous-marin nucléaire poursuivre des voitures sur la glace, c’est sympa sur le papier. Mais à l’écran, c’est nul et interminable. Une séquence inutile et dont le flot de pixels détruit tout impact. Inutile comme la présence de Scott Eastwood ou les vannes beauf de l’insupportable Tyrese Gibson. On se consolera comme on peut avec la seule véritable bonne chose de ce film : le « duo » formé par Dwayne Johnson et Jason Statham et qui s’affronte à grands coups de poing de la gueule autant qu’en enchainement de punchlines bien viriles. C’est amusant, mais ça ne sauve pas Fast & Furious 8 du naufrage qui rappelle les heures les plus sombres de 2 Fast 2 Furious.

1.5

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