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Les Gardiens de la galaxie 2 – Critique

Sans qu’on ne sache vraiment comment cela a pu arriver, Les Gardiens de la galaxie premier du nom a rapporté près de 800 millions de dollars à travers le monde et est devenu le troisième plus gros succès de l’univers Marvel au cinéma. Avec des personnages que 90% du public n’avait jamais vus. Logiquement, une suite a rapidement été mise en chantier, avec toujours James Gunn aux commandes. Et sans surprise, Les Gardiens de la galaxie 2 est exactement comme son prédécesseur, à la différence près qu’il en accentue les pires aspects jusqu’à l’écœurement.

James Gunn, qui dans une autre vie réalisait des trucs bien cracras pour l’écurie Troma, est devenu la poule aux œufs d’or de Marvel. Sa recette ? Du space opéra cheapos avec des acteurs persuadés d’être cools (ce n’est pas un hasard si Vin Diesel est de la partie), des éléments trop mignons pour vendre des peluches, des jouets et des mugs, une bande-son constituée de tubes des années 70 pour séduire des spectateurs qui n’ont pas connu les années 70 et des clins d’œils à la pop culture des années 80 pour des spectateurs qui ne les ont pas connues non plus… une mécanique bien huilée reproduite pour Les Gardiens de la galaxie 2, avec toujours cette impression de voir un film qui se rêve en œuvre insolente et iconoclaste quand il ne peut être plus dans la norme. Cette singularité de façade s’exprime par un ton résolument comique, faisant du film une vaste blague entre la science-fiction et le fantastique au budget colossal. S’il y a bien une chose qu’on ne reprochera pas à James Gunn, c’est de mentir sur la came qu’il vend. Dès les premières minutes, quand il décide de traiter une grosse scène d’action avec l’équipe qui se bat contre une gros monstre en arrière-plan, se focalisant sur Baby Groot qui danse sur Mr. Blue Sky, il donne le ton. Un ton plus que léger et axé sur le « cool » à tout prix, quitte à ne rien raconter et passer plus de deux heures avec des personnages qui, pour une large majorité, n’évolueront pas ou si peu. Les Gardiens de la galaxie 2 est-il un film qui ne sert à rien ? C’est un peu ça.

Comme pour son prédécesseur, Les Gardiens de la galaxie 2 s’articule autour de punchlines, de gags, de situations, d’apparitions de personnages, d’autres gags… voulus tellement cools qu’il doivent masquer la nature véritable du projet. A savoir une suite difforme, monstrueuse, et qui, à trop vouloir en faire, n’aboutit sur rien de solide. Il ne fait aucun doute que James Gunn s’est fait plaisir, y a balancé des tas d’éléments qui le touchent personnellement, mais avec 2h17 au compteur, il aurait mieux valu raconter une histoire. Et sur ce point, c’est la catastrophe. Pendant la première heure, c’est la foire au n’importe quoi, à de l’humour qui oscille entre le « cool-mignon » et la vanne beauf, et à une maigre intrigue qui ne servira à rien, si ce n’est à amener la signature de toute production Marvel digne de ce nom : un plan final adressé directement aux geeks, comme les 12000 scènes post-générique, tellement euphorisant qu’il leur fera oublier le caractère totalement inoffensif de tout ce qui a précédé. Et surtout son incohérence totale. Une cohérence sacrifiée sur l’autel d’un déluge de pixels tantôt plaisant (les batailles spatiales, absolument pas originales mais très sympathiques) tantôt indigeste (le combat final interminable et d’une laideur peu commune). Le film se veut ultra spectaculaire tout en essayent de pervertir cela à travers une approche centrée sur l’humour. Sur le papier c’est tout à fait louable mais à l’écran, cela ne fonctionne qu’en de très rares occasions. Côté comédie, on retiendra surtout les répliques de Dave Bautista. On préfèrerait, en revanche, oublier la prestation (ou même la présence) de Kurt Russell. L’acteur mérite tellement mieux que cette caricature de figure paternelle destructrice. Et même si le ton est à l’humour, cette séquence où il joue à la balle avec Chris Pratt est déjà le moment le plus gênant vu sur grand écran en 2017.

Un Chris Pratt par ailleurs toujours aussi fadasse, tout comme Zoe Saldana et tant d’autres qui héritent de personnages qui, malgré le temps et les sous-intrigues qui leur sont accordées, peinent à trouver de la substance. Pour la plupart, ils se font voler la vedette par l’excellent Michael Rooker, qui est par ailleurs le seul à véhiculer une émotion qui parait suffisamment sincère pour toucher (bien aidé, il faut le dire, par Cat Stevens). Alors c’est vrai qu’il y a ça et là quelques séquences sympathiques, peut-être même impressionnantes parfois. Mais au final, rien de mémorable. Les Gardiens de la galaxie 2, sur lequel James Gunn dit avoir eu toutes les libertés possibles, est un film trop conscient des enjeux économiques qui sont les siens. En résulte une sorte de monstre, qui essaye de manger à tous les râteliers sans jamais trouver sa voie. Le mélange des genres peut avoir du bon mais nécessite une réelle maîtrise. Ici, c’est non seulement indigeste car le mélange ne prend pas, mais c’est en plus tragiquement ennuyeux. Un comble pour un space opera voulu fun et spectaculaire, et qui finit par devenir un tout petit film inconséquent et oubliable. Mais un tout petit film qui aura plus de succès qu’un Jupiter Ascending autrement plus ambitieux, dans ses enjeux comme dans son originalité. Triste monde tragique…

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