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Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City – Critique

Cinq ans après le massacre de la célèbre franchise vidéoludique perpétré par Paul WS Anderson, Resident Evil est de retour sur le grand écran. Sans plus attendre, pénétrez dans un monde d’horreur… Malheureusement, pas celle que vous attendez !

Resident Evil est actuellement la franchise vidéoludique la plus adaptée, tous supports confondus. Au niveau audiovisuel, on dénombre avec cette nouvelle adaptation : trois films et une série d’animation qui s’intègrent aux canons officiels des jeux vidéo et maintenant un septième film en prises de vues réelles (plus une future série live sur Netflix). Ce nouveau long-métrage fait (enfin) table rase des six films chapeautés par Paul WS Anderson (réalisateur sur quatre des six films) et a pour objectif d’être un reboot plus proche du matériau de base développé et édité par la société Capcom. Une tâche loin d’être difficile, tant la saga a été maltraitée de part en part, en s’éloignant de l’esprit de la saga originelle basé sur la peur et l’horreur (à grand renfort d’hommages et autres références cinématographiques), au profit d’une surenchère d’action épileptique combinée à une histoire plus proche du navet que du nanar sympathique.

Pour ce premier opus d’une nouvelle série de films, c’est au cinéaste Johannes Roberts que le projet est confié en tant que scénariste et réalisateur, après la défection coup sur coup de James Wan et de Greg Russo (scénariste du dernier Mortal Kombat). Les informations sur cette nouvelle adaptation sont diffusées au compte-goutte. Il aura fallu attendre l’annonce du casting pour connaître, ou plutôt en déduire, la première grosse information. A savoir, le choix discutable de fusionner les deux premiers jeux de la licence en un seul et même film. Une décision qui avait déjà de quoi laisser dubitatif, tant il paraît déjà compliqué de resserrer l’action et l’intrigue d’un seul jeu en un film. Cela dit, il est possible de raccourcir le récit sans en dénaturer l’essence même. On se retrouve donc avec les deux protagonistes principaux et personnages jouables des deux premiers jeux : Chris Redfield (Robbie Amell) et Jill Valentine (Hannah John-Kamen) pour le premier volet, Claire Redfield (Kaya Scodelario) et Leon S. Kennedy (Avan Jogia) pour le second opus. Pour les accompagner, on retrouve d’autres personnages secondaires dont Albert Wesker (Tom Hopper), William Birkin (Neal McDonough) ou encore Brian Irons (Donal Logue) pour ne citer qu’eux. Certains personnages plus ou moins célèbres sont également présents mais souvent relégués à de vulgaires caméos ou pire, à une scène mid générique pour teaser une hypothétique séquelle. A contrario certains personnages majeurs sont totalement absents, comme Barry Burton. Nous ne les citerons pas pour vous préserver de la surprise. Vous l’aurez sûrement compris, mais cette nouvelle adaptation n’a pas lavé l’affront des films précédents et n’arrive pas à rendre honneur à l’un des portes étendards du survival horror vidéoludique.

Pourtant, les premières photos promotionnelles avaient de quoi lever quelques craintes. L’une représentait une Lisa Trevor convaincante et fidèle au jeu (personnage issu du fameux Resident Evil Rebirth sur Game Cube) quand une autre photo présentait les protagonistes face à la découverte de l’impressionnant hall du premier jeu. Il y avait de quoi être rassuré par la présence des ces éléments cultes dignement respectés. Enfin, seulement à cet instant. Il aura fallu attendre la première bande annonce pour que les premières craintes apparaissent. Notamment au travers d’effets visuels très approximatifs (le cerbère ou chien zombie pour les non aficionados) et d’une intrigue qui semblait déjà tout mélanger avec plus ou moins de maladresse. Certes faire abstraction des deux temporalités des deux jeux (le premier se passe en juillet alors que le second en septembre) pour les fusionner en même temps n’est pas une mauvaise idée. En revanche, le faire aux dépends des personnages en est une. Un choix qui laisse sur le côté trois des personnages iconiques au profit d’une seule : Claire Redfield, d’où sa présence mise en avant au centre de l’affiche du film dans sa promotion. Elle est incontestablement la seule héroïne du récit qui ne subit aucune des différentes actions du récit. Tant mieux pour elle cela dit, elle seule fait honneur à son pendant vidéoludique. Mais, les quatre protagonistes auraient dû être mis sur la même équité. On se retrouve donc avec un faux et ridicule triangle amoureux Jill Valentine, Chris Redfield et Albert Wesker comme quasiment seule intrigue pour ses personnages, jusqu’à la révélation que tout le monde connaît sur l’un de ces trois personnages pour ne pas « spoiler ». Le pire étant le traitement réservé à Leon S. Kennedy qui est réduit à un rôle de bizut et se retrouve constamment ridiculisé tout le long du film, hormis lors de sa maigre implication dans le combat face au boss final, qui fait figure de finish him. Les références piochées ça et là (easter eggs, bruitages ou répliques) dans les deux premiers jeux et même deux cinématiques (l’une du premier zombie que l’on voit dans le premier jeu et l’autre issue de Code Veronica) en mode copié-collé sont de bien maigres compensations.

Faisons abstraction de l’adaptation pour s’intéresser cette fois à l’objet scénaristique et cinématographique. Sur ce point, on pouvait espérer a minima avoir affaire à une sympathique série B. Mais même sur point, cette attente fait défaut. La faute là encore à une sous-écriture de ses personnages réduits à des fonctions interchangeables qui ne permettent pas à leurs différents interprètes d’incarner leurs rôles. Ces derniers semblent ne pas être dirigés et semblent constamment perdus sans vraiment savoir quoi faire. Les seules idées scénaristiques qu’on peut éventuellement souligner sont la critique jetée à la va-vite sur la délocalisation des grandes entreprises et le parallèle (déjà vu) entre l’accident de Raccoon City et celui bien réel de Tchernobyl. Les effets progressifs du Virus T (avant la transformation en zombie) étant similaires à ceux de la radiation. Mais là encore plutôt que de laisser l’image faire son travail, une réplique vient rabâcher le propos pour être sûr d’avoir bien compris… Malgré une mise en scène peu inspirée, maudite shaky cam dans le commissariat et autres idées épileptiques en mode jour-nuit dans le manoir Spencer, il arrive bien trop rarement à ressentir une quelconque émotion. On peut en relever toutefois deux très brèves scènes. La première se passe dans le manoir où Chris Redfield hésite à rentrer dans une pièce non éclairée, filmé en caméra fixe (hommage aux premiers jeux de la série) et où l’on entend quelques râles de zombie en hors champ. La seconde étant une séquence de vivisection, bien que l’effet prosthétique soit illogiquement peu sanglant. On notera également une direction artistique parfois réussie, comme dit précédemment Lisa Trevor, certains maquillages de zombies convaincants ou encore le licker visuellement soigné. Malgré ces rares points positifs, il est difficile de trouver d’autres scènes ou éléments à féliciter dans ce qui se révèle être une mauvaise ou vulgaire fan-fiction faussement fauchée (40 millions de $). Même la découverte du célèbre hall du manoir Spencer dont les escaliers en dur sont gâchés par des murs en extension numérique… Ce lieu hautement symbolique de la franchise vidéoludique devient ici le symptôme révélateur d’un film malade et incurable, dont seule une vraie ambition cinématographique aurait pu être le remède. Game over !

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En résumé

Bien que « supérieur » aux six films précédents gérés par Paul WS Anderson, cette nouvelle relecture de la saga vidéoludique culte Resident Evil n'est pas à la hauteur du mythe. Plus qu'imparfait, le film de Johannes Roberts ressemble plus à une mauvaise fan-fiction qu'à une œuvre cinématographique. Encore un film à mettre au panthéon des adaptations de jeux vidéo ratées, quel gâchis !
1.5
5
Oubliable

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