The Warriors Gate – Critique

Critiques Films
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The Warriors Gate, c’est quand le réalisateur de la comédie horrifique Cockneys vs Zombies met en scène un scénario de Luc Besson et Robert Mark Kamen, à propos d’un ado accro aux jeux vidéo qui va devoir sauver une princesse dans la Chine médiévale. Ce n’est pas un kamoulox, c’est une grosse machine lancée par EuropaCorp pour conquérir le marché chinois mais qui s’y est logiquement plantée.

On ne louera jamais assez le talent de metteur en scène de Luc Besson. Mais quand il s’agit d’écrire des histoires, c’est souvent un problème. Et associé à l’écriture avec Robert Mark Kamen (co-scénariste de L’arme fatale 3), cela a déjà donné Le Baiser mortel du dragon, Bandidas, Le Transporteur, Taken, Colombiana et Le Cinquième élément. Autant dire qu’à quelques exceptions près, ce n’est jamais très bien, même si le public est souvent au rendez-vous. Avec The Warriors Gate, la recette est à peu près toujours la même, à savoir draguer un public bien spécifique en lui balançant plein d’éléments dont il peut être friand mais sans prendre le temps de lui raconter quelque chose qui tient la route. Plutôt amateur de cinéma asiatique, Besson recrache ici tout un pan d’un cinéma typé action-fantastique mais assaisonné à la sauce occidentale, avec enracinement sur le sol américain, dialogues en anglais et autres éléments qui tentent de bâtir un pont entre les deux univers. C’est louable pour conquérir un marché chinois en train d’exploser littéralement tant il produit des blockbusters toujours plus impressionnant. Sauf que plusieurs problèmes se présentent. Tout d’abord, le folklore n’est pas suffisant, il faut une histoire qui tienne la route. Mais surtout, ce film a déjà été fait il y a 8 ans. En effet, The Warriors Gate n’est qu’un ersatz assez embarrassant du Royaume interdit de Rob Minkoff. Un ado persécuté dans une Amérique contemporaine qui va être propulsé dans la Chine médiévale, accompagné de deux mentors (un très sérieux, un autre un peu dingue), y devenir expert en kung fu, sauver une princesse, rentrer chez lui et foutre une branlée à ceux qui le persécutaient. Là, c’est pareil sauf qu’on y cause en plus de jeux vidéo pendant les 10 premières minutes et les 5 dernières, qu’il y a Dave Bautista qui joue un barbare mais qu’il n’y a ni Jet Li ni Jackie Chan. De quoi sans doute éviter un nouveau procès pour plagiat.

The Warriors Gate

A vrai dire, outre des acteurs pour la plupart très investis dans des personnages idiots, et des séquences de combat pas dégueulasses mais pas mémorables non plus signées Tony Ling (True Legend, The Grandmaster et Unbeatable), il n’y a pas grand chose à sauver dans cette tentative de retrouver un esprit très 80’s du cinéma d’aventure fantastique. On retrouve toujours les mêmes blagues jouant sur le décalage entre un personnage venant d’une autre époque et les éléments de l’époque à laquelle il atterrit, les mêmes raccourcis scénaristiques qui vomissent sur toute cohérence narrative (le héros, incarné par un Uriah Shelton tristement fadasse, devient un expert en arts martiaux en un clin d’œil et se retrouve capable de défoncer des guerriers surentrainés) et un sens du spectacle somme toute très relatif. Matthias Hoene avait réussi quelque chose de très sympa avec Cockneys vs Zombies mais il se comporte là en mercenaire totalement transparent dans sa mise en scène qui se calque sur des effets de style, cadres et mouvements de caméra typiques des films chinois et hong-kongais mêlant arts martiaux et fantastique. La seule à s’en sortir à peu près est l’actrice Ni Ni, relativement charismatique, tandis que Francis Ng fait le pitre et que Mark Chao (le jeune Détective Dee, tout de même) incarne un guerrier très sérieux qui danse une sorte de tecktonik dans le générique de fin. Beaucoup de moments gênants dans ce The Warriors Gate. Beaucoup plus que de moments vraiment divertissants. Difficile d’en retenir quoi que ce soit tant l’ensemble est fade, sans aucune saveur, avec un déroulé programmatique sans la moindre surprise ni émotion. Sinon à un moment il y a un barbare de 10 mètres de haut, des sino-américains qui dansent du hip-hop dans un centre commercial et Kara Hui qui joue une sorcière hystérique. Voilà.

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