Cars 3 – Critique

Critiques Films
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La franchise Cars a vu le jour en 2006, et cet été les spectateurs découvrent le troisième volet. Créée par John Lasseter et Joe Ranft, cette production Disney/Pixar émerveille les enfants et les adultes grâce aux personnages attachants et à l’intrigue efficace. Mais Cars 3 sort de chez Pixar donc il y a logiquement différent niveaux de lecture qui réjouiront ceux qui aiment gratter le vernis.

Les auteurs prennent leur temps pour nous offrir les suites de Cars. Le second film est sorti il y a tout juste 6 ans. Il faisait suite au premier volet sorti en 2006 qui présentait clairement le concept. Cars s’adresse aux amoureux des voitures et aux nostalgiques de l’Amérique d’autrefois. Il est aussi question de gloire et de dépassement de soi, de respect et d’amitié. Cars 2 comme son prédécesseur était totalement spectaculaire visuellement. L’amitié entre Flash McQueen et Martin prenait vie, les courses de voitures coupaient le souffle. Malheureusement certains critiques reprochaient à la franchise de vouloir uniquement vendre des voitures. Cars est bien plus que ça.

Cars 3 est le premier long-métrage signé par Brian Fee. Avant ça il était artiste storyboard, il a notamment travaillé sur le premier et le second volet, ainsi que sur Wall-E ou encore Ratatouille. Ils sont nombreux à apparaitre au scénario, Brian Fee est l’un d’eux. John Lasseter avait confié que l’histoire de Cars 3 était plus émouvante que Cars 2, il expliquait ainsi que ce long-métrage était plus proche de Cars qu’il avait écrit et mis en scène. Le cinéaste n’a pas réalisé ce nouveau volet car il est occupé sur la production de Toy Story 4 qui sortira en 2019 mais l’esprit de la franchise est bel est bien là. Un peu moins fun que le deuxième film, Cars 3 est sombre et s’illustre dans une nostalgie pleine de sentiments. Si le personnage de Doc Hudson était absent du dernier film, ici les auteurs lui rendent un joli hommage. A travers son personnage, ils multiplient les dédicaces à Paul Newman qui était la voix de cette fameuse voiture. La production avait décidé de ne pas le remplacer dans Cars 2 sorti en 2011, suite à son décès survenu en 2008. Et c’est tout à leur honneur. Même si on s’était attaché à Doc Hudson.

Cars 3 ne commence pas fort. Pas de paillettes ou de réussite. A la place, un Flash McQueen totalement accidenté. Ce volet aborde un sujet pas évident pour les carriéristes ou les artistes qui ont connu la gloire : tourner la page. Le temps défile et l’arrivée de la retraite n’est évident pour personne. Mais le plus important n’est-il pas de rester inspiré et passionné ? Cars 3 semble pessimiste et nostalgique car les années passent mais le futur n’est pas si noir car c’est dans les nouvelles choses ou dans les personnes qui nous remplacent que nous pouvons trouver l’inspiration et continuer de vivre notre passion.

Notre époque est représentée à travers un nouveau personnage. Il s’appelle Jackson Storm et il est ultra perfectionné. Ce challenger est quasiment imbattable. Il représente l’avenir et les craintes des anciens. Il semble impoli, il prend de haut Flash McQueen et son entourage, la jeunesse qui semble ne plus avoir de repères ou de respect pour leurs ainés en gros. Comme une extension de ce qu’était McQueen au début du premier film, le respect des champions en moins. Mais Cars 3 ne fait pas de généralités car c’est à travers Cruz Ramirez, une jeune Ferrari jaune optimiste et très dynamique qu’un futur ensoleillé s’installe. Attachante, cette coach forte d’esprit se bat pour réussir dans un monde où les voitures « masculines » dominent. Elle fera découvrir à Flash McQueen un nouveau monde. Une Terre emplie de technologie. Ce dernier sera réfractaire, il jouera un rôle déterminant dans la vie de Cruz Ramirez sans s’en apercevoir. Différentes scènes d’entrainement au bord de la mer ou dans la terre les réunissent. Pendant que l’on voit un Jackson Storm accro à son tapis de course électronique. Ces séquences rappellent Rocky IV. Lorsque Rocky préfère la nature à la technologie utilisée par Drago. Rien ne vaut l’authenticité du terrain selon McQueen. C’est sa manière à lui de confier son plus digne héritage, celui de Doc Hudson.

Cars 3 nous offre des moments d’anthologie, Ramirez et McQueen s’entrainent avec des têtes brûlées sur un circuit sale et fréquenté par les autochtones d’une petite ville du sud. Une séquence rock’n’ roll rythmée par un morceau de métal. L’instant est trash et très drôle, le spectateur prend autant de plaisir que ces voitures qui se lâchent complètement. On note au passage la superbe direction artistique. Les artistes ont toujours autant d’idées concernant le design des voitures. Certains sont de véritables personnages qui mériteraient un long-métrage.

La virtualité de Cars 3 est aussi très étonnante lorsqu’on s’attarde sur les décors. Le réalisme est frappant. Les paysages sont magnifiques et grâce à leur authenticité, les voitures prennent réellement vie. L’effort pour amener les spectateurs à penser que McQueen et sa bande sont réels est considérable. Tout est soigné pour une parfaite immersion. Les personnages ont une âme, ils pensent et s’expriment comme des humains. On achète le tout sans se poser de questions. Les magiciens ont fait leur travail.

Cars 3, tout comme Cars, nous rappelle à quel point les américains sont attachés aux objets vintages. A la course automobile qui les rassemble, au passé. Aux racines qui nous animent et qui nous aident à ne pas sortir de la route. Cars 3 est animé par l’héritage des anciens qui est une richesse et par la nouveauté qui représente l’espoir. Ce vieux monde change et il est vrai que l’on est à l’aube d’un renouveau pour les femmes. Cars 3 s’intéresse à cela aussi. Flash McQueen est l’un des personnages les plus attachants de Pixar. Grâce a cette franchise les spectateurs l’ont vu mûrir et évoluer. Ce troisième film creuse encore plus son caractère et invite définitivement au respect. Il n’est plus le Flash mais le Light McQueen. Sa légende est désormais inscrite.

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